Madame la Présidente, Monsieur le Secrétaire général, Mesdames et Messieurs les Ministres et chefs de délégation,
L’agence universitaire de la Francophonie est d’abord une association. La plus importante association d’universités au monde, elle compte actuellement près de 700 membres, dans 80 pays, dont le tiers n’appartient pas à la francophonie traditionnelle ou institutionnelle (universités brésiliennes, algériennes, israéliennes, jordaniennes, yéménites).
L’agence universitaire est ensuite un opérateur. L’opérateur unique de la Francophonie pour l’enseignement supérieur et la recherche. À cette fin, elle est pourvue d’un personnel (450 agents compétents et dévoués), d’un budget (près de 40 millions d’euros), et de locaux. L’agence est forte de ses 63 implantations dans 38 pays : outre le siège et le rectorat, neuf bureaux régionaux et leurs antennes, cinq instituts, plus de 40 campus numériques. Ce maillage lui donne une connaissance fine du terrain, aux besoins duquel elle répond. Cet opérateur universitaire est administré de façon scientifique : gestion transparente (régulée par des expertises et des évaluations), rigoureuses, économe (plus de 80% des crédits sont affectés aux programmes ; la part du fonctionnement est minimale). L’agence universitaire est enfin un projet politique. Il s’agit de constituer une vaste communauté universitaire internationale de langue française, produisant du savoir et le transmettant, formant les cadres et les enseignants de demain, donnant toutes ses chances à l’excellence. C’est par là même un projet solidaire ; il offre aux universités les moins munies, à leurs étudiants, à leurs professeurs et à leurs responsables, les moyens de participer en français à la communauté internationale du savoir.
L’agence universitaire met en œuvre sa politique de deux façons.
I . Tout d’abord, par des projets conduits en coopération avec d’autres opérateurs de la Francophonie Par exemple : préparation d’un ensemble d’outils pédagogiques à l’intention des enseignants et des apprenants avec TV5 Monde ; filières de formation à la gestion dans la Caraïbe réalisé avec l’Association international des maires francophones. La synergie est particulièrement féconde et approfondie avec l’Organisation internationale de la Francophonie : elle porte sur deux programmes.
1. L’Initiative francophone pour la formation à distance des maîtres (IFADEM) Il s’agit d’une commande adressée à l’AUF et l’OIF par les Chefs d’Etat et de gouvernement lors du Sommet de Bucarest (2006). Elle concerne pour l’instant quatre pays : le Bénin, le Burundi, Haïti et Madagascar. IFADEM a pour objectif principal l’amélioration des compétences des enseignants du primaire dans le domaine de l’enseignement du français. Pour réaliser cet objectif, l’IFADEM propose un dispositif de formation continue à distance, utilisant en partie les Technologies de l’Information et de la Communication. L’initiative permet également : l’accès à des ressources pédagogiques disponibles sur Internet, la création de nouveaux contenus, la dotation en ouvrages des écoles, instituts de formation et des maîtres (dont 100 000 dictionnaires offerts par la fondation Hachette), des actions de recherche, la formation de spécialistes locaux en technologies de l’information et de la communication pour l’éducation. À cette fin, un site Internet IFADEM a été créé : http://www.ifadem.org ; il comprend une vidéo de présentation tournée par des équipes locales au Bénin et au Burundi.
Pour ce projet, l’Agence universitaire et l’OIF se sont liées par une convention qui régit la gouvernance de l’initiative, sa structuration opérationnelle, la répartition des charges entre opérateurs (chacun apportant 1,5 millions d’euros sur 3 ans).
Des missions ont été organisées dans chacun des pays ; elles ont étudié la situation de l’enseignement du français au primaire, ont sensibilisé les autorités du pays aux enjeux de l’initiative, ont créé des Comités nationaux IFADEM.
Au Bénin Plus de 400 instituteurs sont concernés. A l’École normale d’instituteurs, une salle de formation multimédia connectée Internet est construite. La formation des formateurs débute en novembre 2008. Le programme de formation touchant directement les instituteurs débutera en juillet 2009 ; il se poursuivra jusqu’à avril 2010.
Au Burundi Plus de 500 maîtres et directeurs d’école sont concernés. Au lycée pédagogique de Kayanza (qui forme les maîtres) une salle de formation connectée par satellite à Internet sera installée. La formation des formateurs, notamment des rédacteurs de contenus, a débuté en octobre 2008. Le parcours de formation des maîtres débutera en avril 2009 pour s’achever en décembre de la même année.
En Haïti et à Madagascar En Haïti, le Comité national IFADEM a été créé ; la formation des formateurs devrait débuter au 1er trimestre 2009, la formation des maîtres dans le courant de la même année. A Madagascar, une mission en cours permettra de définir les contours locaux de l’initiative.
Ce programme, destiné pour l’instant aux maîtres du primaire en Afrique-Caraïbe et à Madagascar, s’articule tout naturellement : d’une part avec le programme de Valorisation du français en Asie du Sud-est (Valofrase : Vietnam, Laos, Cambodge, Thaïlande), également conduit avec l’OIF, d’autres part avec le projet SOUFI (Soutien au français universitaire au Moyen-Orient) que l’Agence universitaire va lancer pour le Liban, l’Égypte, la Syrie, le Yémen.
2. Selon autre convention, l’Agence universitaire collabore avec l’OIF pour : Le programme des Jeunes volontaires de la Francophonie.
- 1ère cohorte : 21 postes dont 10 attribués à l’Agence universitaire, pour ses antennes de Phonom Penh, de Vientiane, de Ho Chi Minh Ville, de Niamey, de Chisinau, de Sofia.
- 2ème cohorte : 20 postes au total, dont 9 confiés à l’Agence, pour ses postes de Phom Penh, Montréal, Vientiane, Bamako, Bucarest, Dakar, Hanoi, et pour notre antenne au Vanuatu.
Les implantations de l’Agence ont coordonné les entretiens de sélection, fait passer les tests de français, mis en route la plupart des candidats.
La semaine de préparation au départ pour la deuxième cohorte a eu lieu à Paris du 5 au 10 octobre 2008 ; l’arrivée sur le terrain des jeunes volontaires s’est déroulée du 12 au 14 octobre 2008.
II) Par ailleurs, l’Agence universitaire possède ses programmes propres.
Elle soutient actuellement 15 pôles d’excellence régionaux (PER) et 50 projets de coopération scientifique inter-universitaires (PCSI) ; elle gère plus de 90 filières de formation francophone avec 8 500 étudiants. Elle anime 20 réseaux de chercheurs scientifiques et 14 réseaux institutionnels (recteurs doyen etc.)
Insistons sur trois réalisations notables.
1. Les Instituts
Installés en collaboration avec les universités partenaires, ces établissements dispensent en deux ans, et au niveau du troisième cycle, une formation professionnelle doctorale, dans des domaines innovants et qui répondent à une demande spécifique régionale. Ils ont pour objet : l’entrepreneuriat à Maurice, l’administration de la gestion à Sofia, la médecine tropicale à Vientiane, l’informatique à Hanoi et récemment, le management public et privé à Port-au-Prince. Ce dernier institut vient de remettre les diplômes à sa première promotion, la promotion « Aimé Césaire » ; dans quelques semaines, j’inaugurerai ses locaux définitifs ( huit salles de cours, un auditorium, une salle multi-média et internet).
Nous souhaitons offrir au plus vite un sixième institut, consacré à la gouvernance universitaire ; il formera les responsables administratifs des établissements du Sud.
2. Les Campus numériques francophones
Bientôt au nombre de 45, les campus numériques francophones accueillent les étudiants, les enseignants et les chercheurs – au cœur des universités membres de l’Agence, de Yaoundé à Port-Vila, d’Alger à Erevan ; plus de la moitié des campus se trouvent en Afrique.
Depuis la création du premier campus en 1991, la gamme des services s’est étoffée, dépassant la simple plate-forme technique. Elle a accompagné la maturation scientifique et technique, production de contenus, expertise en systèmes & réseaux, en ingénierie pédagogique, formation locales et à distance. [ Actuellement, 54 diplômes ont été préparés à distance ] Demain, les campus numériques aideront les universités à valoriser leurs contenus, outils premiers de leur développement.
Nous souhaitons développer au plus vite des écocampus numérique à consommation zéro d’énergie.
3. Les bourses L’Agence universitaire attribue en moyenne chaque année 2 000 bourses d’étude, de mobilité, d’enseignement et de recherche. Afin d’améliorer ce programme, qui a fait ses preuves, l’Agence universitaire de la Francophonie propose la création d’un programme d’aide aux étudiants en thèse ; ces étudiants bénéficieront d’un réseau structuré d’universités d’excellence, liées par convention. La formation se fera en alternance dans les établissements universitaires du Sud et du Nord qui auront les capacités matérielles et scientifiques d’accueillir de jeunes doctorants, dans le cadre mobilités de 18 mois sur trois ans.
Ces lieux fonctionneront comme des incubateurs de thèses en codirection et en co-tutelle, sur le modèle de centres d’études avancées ou de collèges doctoraux.
Ce nouveau projet de mobilité, sorte d’Erasmus d’excellence pour la Francophonie, s’appellera « Horizons Francophones ». Il entend former la génération de docteurs dont les pays en développement ont besoin.
Pour ces projets (Institut supérieur de gouvernance universitaire, écocampus numériques, bourses Horizons francophones), Mesdames et Messieurs les Ministres, nous sommes à votre écoute.
Nous sollicitons votre soutien moral, politique, - et financier.
L’agence universitaire de la Francophonie est d’abord une association. La plus importante association d’universités au monde, elle compte actuellement près de 700 membres, dans 80 pays, dont le tiers n’appartient pas à la francophonie traditionnelle ou institutionnelle (universités brésiliennes, algériennes, israéliennes, jordaniennes, yéménites).
L’agence universitaire est ensuite un opérateur. L’opérateur unique de la Francophonie pour l’enseignement supérieur et la recherche. À cette fin, elle est pourvue d’un personnel (450 agents compétents et dévoués), d’un budget (près de 40 millions d’euros), et de locaux. L’agence est forte de ses 63 implantations dans 38 pays : outre le siège et le rectorat, neuf bureaux régionaux et leurs antennes, cinq instituts, plus de 40 campus numériques. Ce maillage lui donne une connaissance fine du terrain, aux besoins duquel elle répond. Cet opérateur universitaire est administré de façon scientifique : gestion transparente (régulée par des expertises et des évaluations), rigoureuses, économe (plus de 80% des crédits sont affectés aux programmes ; la part du fonctionnement est minimale). L’agence universitaire est enfin un projet politique. Il s’agit de constituer une vaste communauté universitaire internationale de langue française, produisant du savoir et le transmettant, formant les cadres et les enseignants de demain, donnant toutes ses chances à l’excellence. C’est par là même un projet solidaire ; il offre aux universités les moins munies, à leurs étudiants, à leurs professeurs et à leurs responsables, les moyens de participer en français à la communauté internationale du savoir.
L’agence universitaire met en œuvre sa politique de deux façons.
I . Tout d’abord, par des projets conduits en coopération avec d’autres opérateurs de la Francophonie Par exemple : préparation d’un ensemble d’outils pédagogiques à l’intention des enseignants et des apprenants avec TV5 Monde ; filières de formation à la gestion dans la Caraïbe réalisé avec l’Association international des maires francophones. La synergie est particulièrement féconde et approfondie avec l’Organisation internationale de la Francophonie : elle porte sur deux programmes.
1. L’Initiative francophone pour la formation à distance des maîtres (IFADEM) Il s’agit d’une commande adressée à l’AUF et l’OIF par les Chefs d’Etat et de gouvernement lors du Sommet de Bucarest (2006). Elle concerne pour l’instant quatre pays : le Bénin, le Burundi, Haïti et Madagascar. IFADEM a pour objectif principal l’amélioration des compétences des enseignants du primaire dans le domaine de l’enseignement du français. Pour réaliser cet objectif, l’IFADEM propose un dispositif de formation continue à distance, utilisant en partie les Technologies de l’Information et de la Communication. L’initiative permet également : l’accès à des ressources pédagogiques disponibles sur Internet, la création de nouveaux contenus, la dotation en ouvrages des écoles, instituts de formation et des maîtres (dont 100 000 dictionnaires offerts par la fondation Hachette), des actions de recherche, la formation de spécialistes locaux en technologies de l’information et de la communication pour l’éducation. À cette fin, un site Internet IFADEM a été créé : http://www.ifadem.org ; il comprend une vidéo de présentation tournée par des équipes locales au Bénin et au Burundi.
Pour ce projet, l’Agence universitaire et l’OIF se sont liées par une convention qui régit la gouvernance de l’initiative, sa structuration opérationnelle, la répartition des charges entre opérateurs (chacun apportant 1,5 millions d’euros sur 3 ans).
Des missions ont été organisées dans chacun des pays ; elles ont étudié la situation de l’enseignement du français au primaire, ont sensibilisé les autorités du pays aux enjeux de l’initiative, ont créé des Comités nationaux IFADEM.
Au Bénin Plus de 400 instituteurs sont concernés. A l’École normale d’instituteurs, une salle de formation multimédia connectée Internet est construite. La formation des formateurs débute en novembre 2008. Le programme de formation touchant directement les instituteurs débutera en juillet 2009 ; il se poursuivra jusqu’à avril 2010.
Au Burundi Plus de 500 maîtres et directeurs d’école sont concernés. Au lycée pédagogique de Kayanza (qui forme les maîtres) une salle de formation connectée par satellite à Internet sera installée. La formation des formateurs, notamment des rédacteurs de contenus, a débuté en octobre 2008. Le parcours de formation des maîtres débutera en avril 2009 pour s’achever en décembre de la même année.
En Haïti et à Madagascar En Haïti, le Comité national IFADEM a été créé ; la formation des formateurs devrait débuter au 1er trimestre 2009, la formation des maîtres dans le courant de la même année. A Madagascar, une mission en cours permettra de définir les contours locaux de l’initiative.
Ce programme, destiné pour l’instant aux maîtres du primaire en Afrique-Caraïbe et à Madagascar, s’articule tout naturellement : d’une part avec le programme de Valorisation du français en Asie du Sud-est (Valofrase : Vietnam, Laos, Cambodge, Thaïlande), également conduit avec l’OIF, d’autres part avec le projet SOUFI (Soutien au français universitaire au Moyen-Orient) que l’Agence universitaire va lancer pour le Liban, l’Égypte, la Syrie, le Yémen.
2. Selon autre convention, l’Agence universitaire collabore avec l’OIF pour : Le programme des Jeunes volontaires de la Francophonie.
- 1ère cohorte : 21 postes dont 10 attribués à l’Agence universitaire, pour ses antennes de Phonom Penh, de Vientiane, de Ho Chi Minh Ville, de Niamey, de Chisinau, de Sofia.
- 2ème cohorte : 20 postes au total, dont 9 confiés à l’Agence, pour ses postes de Phom Penh, Montréal, Vientiane, Bamako, Bucarest, Dakar, Hanoi, et pour notre antenne au Vanuatu.
Les implantations de l’Agence ont coordonné les entretiens de sélection, fait passer les tests de français, mis en route la plupart des candidats.
La semaine de préparation au départ pour la deuxième cohorte a eu lieu à Paris du 5 au 10 octobre 2008 ; l’arrivée sur le terrain des jeunes volontaires s’est déroulée du 12 au 14 octobre 2008.
II) Par ailleurs, l’Agence universitaire possède ses programmes propres.
Elle soutient actuellement 15 pôles d’excellence régionaux (PER) et 50 projets de coopération scientifique inter-universitaires (PCSI) ; elle gère plus de 90 filières de formation francophone avec 8 500 étudiants. Elle anime 20 réseaux de chercheurs scientifiques et 14 réseaux institutionnels (recteurs doyen etc.)
Insistons sur trois réalisations notables.
1. Les Instituts
Installés en collaboration avec les universités partenaires, ces établissements dispensent en deux ans, et au niveau du troisième cycle, une formation professionnelle doctorale, dans des domaines innovants et qui répondent à une demande spécifique régionale. Ils ont pour objet : l’entrepreneuriat à Maurice, l’administration de la gestion à Sofia, la médecine tropicale à Vientiane, l’informatique à Hanoi et récemment, le management public et privé à Port-au-Prince. Ce dernier institut vient de remettre les diplômes à sa première promotion, la promotion « Aimé Césaire » ; dans quelques semaines, j’inaugurerai ses locaux définitifs ( huit salles de cours, un auditorium, une salle multi-média et internet).
Nous souhaitons offrir au plus vite un sixième institut, consacré à la gouvernance universitaire ; il formera les responsables administratifs des établissements du Sud.
2. Les Campus numériques francophones
Bientôt au nombre de 45, les campus numériques francophones accueillent les étudiants, les enseignants et les chercheurs – au cœur des universités membres de l’Agence, de Yaoundé à Port-Vila, d’Alger à Erevan ; plus de la moitié des campus se trouvent en Afrique.
Depuis la création du premier campus en 1991, la gamme des services s’est étoffée, dépassant la simple plate-forme technique. Elle a accompagné la maturation scientifique et technique, production de contenus, expertise en systèmes & réseaux, en ingénierie pédagogique, formation locales et à distance. [ Actuellement, 54 diplômes ont été préparés à distance ] Demain, les campus numériques aideront les universités à valoriser leurs contenus, outils premiers de leur développement.
Nous souhaitons développer au plus vite des écocampus numérique à consommation zéro d’énergie.
3. Les bourses L’Agence universitaire attribue en moyenne chaque année 2 000 bourses d’étude, de mobilité, d’enseignement et de recherche. Afin d’améliorer ce programme, qui a fait ses preuves, l’Agence universitaire de la Francophonie propose la création d’un programme d’aide aux étudiants en thèse ; ces étudiants bénéficieront d’un réseau structuré d’universités d’excellence, liées par convention. La formation se fera en alternance dans les établissements universitaires du Sud et du Nord qui auront les capacités matérielles et scientifiques d’accueillir de jeunes doctorants, dans le cadre mobilités de 18 mois sur trois ans.
Ces lieux fonctionneront comme des incubateurs de thèses en codirection et en co-tutelle, sur le modèle de centres d’études avancées ou de collèges doctoraux.
Ce nouveau projet de mobilité, sorte d’Erasmus d’excellence pour la Francophonie, s’appellera « Horizons Francophones ». Il entend former la génération de docteurs dont les pays en développement ont besoin.
Pour ces projets (Institut supérieur de gouvernance universitaire, écocampus numériques, bourses Horizons francophones), Mesdames et Messieurs les Ministres, nous sommes à votre écoute.
Nous sollicitons votre soutien moral, politique, - et financier.
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